Vendredi 16 septembre 5 16 /09 /Sep 08:00

(Voir la troisième partie) 

 

De la confusion entre un terrorisme, perçu comme unifié, et une population précise, en l’occurrence les musulmans, émane deux conclusions « logiques » :

 

-      Tout musulman ayant une pratique religieuse perçue comme radicale est un terroriste en puissance et doit donc être étroitement surveillé, voire soupçonné a priori de préparer un attentat. Cette surveillance s’étend aux musulmans en général puisque la frontière entre islamistes et musulmans est jugée mince mais aussi, dans une moindre mesure, à l’ensemble de la population puisque les « islamistes » peuvent se cacher n’importe où.

-      Tout mouvement politique désigné comme islamiste est un mouvement terroriste menaçant l’Occident dans son ensemble, il est donc du devoir de tout pays occidental de soutenir l’action des autres pays occidentaux contre ces mouvements puisqu’ils ne sont que les bataillons d’une même armée terroriste.

 

La première conclusion a conduit à des contrôles accrus des services de police ou des agences de renseignements contre les musulmans dans les pays occidentaux, que ces musulmans soient ou non citoyens du pays. Aux États-Unis, ces pratiques discriminatoires furent largement approuvées et légitimées par des commentateurs et analystes politiques. Sans surprise, Daniel Pipes applaudit bruyamment de telles mesures et se montrait faussement compatissant avec les musulmans victimes de la pression policière en assurant que : « les Musulmans innocents qui devront subir une surveillance accentuée peuvent se consoler en pensant que leur sécurité aussi est renforcée par ces mesures. » (« The Enemy within [and the need to profile] », art. cité.). A gauche du spectre politique états-unien, le présentateur de télévision Bill Maher, souvent présenté – à tort ! - comme « subversif » dans nos médias, assurait lui aussi qu’il fallait multiplier les contrôles sur des bases raciales dans les aéroports : « Oui, en tant que blanc, je ne fais pas partie du problème musulman fondamentaliste qui attaque notre pays. C’est juste un fait. Je veux dire par là que, désolé, je suis blanc, mais je ne suis pas un de ceux qui a volé au travers du World Trade Center » (« CNN American Morning with Paula Zahn », interview de Bill Maher par Paula Zahn, CNN, 16 décembre 2002).

 

En France ou dans l’Union européenne, l’association entre immigrants issus du monde musulman et terroristes potentiels permit également de justifier le fichage ADN des immigrants (même si cette mesure est, pour l’instant, vidée de sa substance en France), et l’échange de ces données entre pays européens au nom de la lutte antiterroriste (« L’Union européenne encadre le regroupement familial », par Sébastien Maillard, La Croix, 9 janvier 2009.). Des mesures favorisant des expulsions d’étrangers furent aussi défendues au nom de la lutte antiterroriste ; Franco Frattini, alors vice-président de la Commission européenne chargé de la Justice et des Affaires intérieures, déclara à propos du durcissement des politiques migratoires européennes en 2005 : « Ce dispositif n’est pas une mesure pour la lutte contre le terrorisme, même si certains de ces points représentent un grand pas en avant dans la solidarité européenne et dans la lutte contre le terrorisme » (« Normes européennes pour l’expulsion des suspects » par Nacera Benali, El Watan, 3 septembre 2005). A l’inverse, des mesures officiellement adoptées pour lutter contre le terrorisme furent prolongées au nom des résultats obtenues grâce à elle contre l’immigration clandestine ; Claude Bodin, député UMP du Val d’Oise, déclara ainsi dans son texte en faveur de la prolongation jusqu’en 2012 des mesures de la loi antiterroriste du 23 janvier 2006 : « Les contrôles réalisés par des patrouilles mixtes [dans les trains internationaux dans le cadre de cette loi] ont permis de nombreuses interpellations, notamment dans le domaine de la lutte contre l’immigration clandestine » (« Des mesures antiterroristes prolongées jusqu'à la fin 2012 », par Patrick Roger, Le Monde, 25 novembre 2008).

 

Au nom de la lutte contre le terrorisme international ou l’immigration, c’est-à-dire de la préservation fantasmée d’un monde occidental contre un monde étranger « hostile », les citoyens français (souvent fort peu informés sur les textes adoptés) acceptèrent donc tacitement des législations d’exception… de moins en moins exceptionnelles. A titre d’exemple, la présence « temporaire » de militaires dans les gares, aéroports et lieux publics et les mesures « d’exception » du plan Vigipirate, prévues pour lutter contre le terrorisme, sont en vigueur sans discontinuer en France depuis le 3 décembre 1996. Ce plan est à son niveau « rouge », censé accompagner une « menace probable », sans interruption depuis le 7 juillet 2005. Nos passeports sont devenus biométriques et nos cartes d’identité seront peut-être prochainement équipées de puces contenant nos informations personnelles, les autorités peuvent facilement écouter nos conversations ou lire nos courriers électroniques… etc.

 

http://www.spyworld-actu.com/IMG/jpg_2006-12-07T160241Z_01_NOOTR_RTRIDSP_3_OFRTP-FRANCE-SECURITE-VIGIPIRATE-20061207.jpg 

 

Les effets de ces lois ne commencèrent à inquiéter une partie relativement large de l’opinion que lorsque ces textes furent utilisés contre des prétendus « terroristes d’ultra-gauche » dans des affaires relevant du simple vandalisme comme dans l’affaire dite « de Tarnac ». Ainsi, le 3 décembre 2008, Libération condamna en Une le battage médiatique et sécuritaire autour des jeunes habitants de Corrèze accusés de « terrorisme » pour des dégradations de caténaires de la SNCF avec le titre « Tarnac : des terroristes, vraiment ? ». Il s’agissait cependant d’un spectaculaire revirement du quotidien qui, le 12 novembre 2008, avait, toujours en Une, accrédité la thèse du ministère de l’Intérieur en en faisant son gros titre : «  L’ultra-gauche déraille ». La première réaction du journal face à cette affaire avait été de soutenir la logique du gouvernement avant même d’enquêter sur le sujet, illustration des réflexes journalistiques en matière de terrorisme. Cette affaire fut une des rares où un quotidien national remit en cause les législations anti-terroristes mais cette indignation ne fut que passagère et elle fait figure d’exception. Dans bien d’autres affaires illustrant les dangereuses dérives des législations antiterroristes et de l’assimilation « Islam-terrorisme », la presse fut soit muette, soit très complaisante vis-à-vis de la position de l’État.

 

Ce fut notamment le cas lors du retrait des badges de plusieurs dizaines de bagagistes musulmans de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle en 2006, décision prise sur le postulat faisant de tout musulman un intégriste potentiel et donc un terroriste en puissance.

 

Dans son ouvrage, « Immigration, antisémitisme et racisme en France » (op. cité), Gérard Noiriel montre comment l’affaire Dreyfus fut rendue possible par l’exploitation et la médiatisation de faits divers impliquant des juifs pour faire de tous les juifs des traîtres potentiels. Cette exploitation de faits divers dans des articles fortement éditorialisés, permettant de faire passer tous les juifs pour une menace pour la France, avait préparé l’opinion publique à la probabilité d’une culpabilité juive en cas de trahison au profit de l’Allemagne. Le best seller antisémite, « La France juive » d’Edouard Drumont, n’est d’ailleurs pour l’essentiel qu’une compilation astucieusement pernicieuse de ces articles et faits divers. C’est pourquoi une partie des Français considérait logique le fait que le capitaine Dreyfus soit un traître, une opinion résumée par Barrès : « Que Dreyfus est capable de trahir, je le conclus de sa race. » (Gérard Noiriel, op. cité. p. 211-220.).

 

On assista à un processus similaire dans le cas des bagagistes de Roissy. Le 28 décembre 2002, A. B. (comme cet homme a, dans plusieurs textes, demandé le droit à l’oubli, je ne reproduirai pas son nom), bagagiste à Roissy fut arrêté suite à la découverte d’armes dans sa voiture. Bien que clamant son innocence et accusant sa belle-famille de l’avoir piégé, cette arrestation donna lieu à de nombreux articles accusateurs, émanant notamment du Parisien-Aujourd’hui en France. Parmi les titres du quotidien sur le sujet, Acrimed a relevé les  édifiants exemples suivants : « Enquête : pourquoi le bagagiste est soupçonné de terrorisme », « le bagagiste trahi par des traces d’explosif », « Bagagiste de Roissy : la piste terroriste confirmée », « Le portable du bagagiste mène à la mouvance islamique ». Ces Unes tapageuses se poursuivirent jusqu’à la libération de l’inculpé et l’arrestation de membres de sa belle-famille qui avaient effectivement comploté pour faire arrêter le jeune bagagiste. Bien qu’il ait été blanchi, l’image d’une menace diffuse émanant des musulmans travaillant dans les aéroports demeura, et ce d’autant plus que l’association islamiste + aéroport renvoyait invariablement au souvenir du « 11-Septembre ». Philippe de Villiers surfa sur cette vague pour écrire en 2006, son livre « Les Mosquées de Roissy » (Albin Michel, 2006), dans lequel il fantasmait sur un aéroport contrôlé en sous-main par des imams intégristes et où la menace terroriste plane. Il s’appuyait, par ailleurs, dans le reste de son livre, sur des faits divers soigneusement sélectionnés pour dénoncer « l’islamisation de la France » et « le péril terroriste ». Quelques mois après la publication de ce livre, 72 salariés musulmans de l’aéroport de Roissy se virent retirer leurs accréditations en raison de leurs pratiques religieuses supposées dangereuses, une mesure qui fut justifiée par Nicolas Sarkozy. Alors ministre de l’Intérieur mais déjà en campagne pour l’élection présidentielle, ce dernier assura : «Je ne peux pas accepter que des gens qui ont une pratique radicale travaillent sur une plate-forme aéroportuaire. (…) Peut-être qu'on s'est trompé (…) Je préfère qu'on ait le risque d'un contentieux devant un tribunal parce qu'on aura été trop sévère pour une habilitation plutôt qu'on se retrouve avec un drame parce qu'on n'aura pas été assez sévère.» (« Sarkozy justifie le retrait des badges », Le Figaro, 21 octobre 2006.). Cette affaire fit grand bruit et certains des salariés ne retrouvèrent leurs badges qu’au terme d’une procédure longue, période pendant laquelle ils furent sans emploi.

 

Plus récemment, en décembre 2008, des policiers musulmans des Renseignements généraux perdirent leur habilitation « Secret Défense » sans explication officielle, une affaire qui fit bien moins de bruit (« Paris : des fonctionnaires des RG sanctionnés pour leur appartenance religieuse ? », site internet du Nouvel Observateur, 5 décembre 2008).

 

Commentant l’assimilation de l’islam et du terrorisme, Philippe Val déclarait, faisant fi des nombreuses condamnations des actes terroristes émanant de musulmans ou de groupes musulmans : « A la question de savoir si tous les musulmans peuvent se sentir assimilés [au terrorisme], j’allais dire quelque chose d’un peu violent, d’un peu brutal mais si c’est le cas, c’est leur problème ! C’est facile de ne pas l’être, il suffit de dire : « On réprouve ! ». C’est facile de ne pas l’être ! » (Philippe Val, dans « C’est dur d’être aimé par des cons », film de  Daniel Leconte, 2008.). Gageons qu’il doit être plus facile de se faire entendre pour un éditorialiste omniprésent dans les médias devenu directeur d’une radio de grande écoute que pour un salarié musulman jeté dans la tourmente.  

 

Outre des mesures d’exception touchant la population musulmane dans les pays occidentaux, l’autre conséquence de l’association entre islam et terrorisme est une lecture manichéenne des relations internationales associant des mouvements musulmans n’ayant rien à voir entre eux. Tony Blair, alors Premier ministre britannique, illustra parfaitement cette représentation dans un article du magazine Foreign Affairs de janvier-février 2007 en écrivant : « La lutte contre le terrorisme à Madrid, à Londres, ou Paris est la même que la lutte contre les actes terroristes du Hezbollah au Liban, ou le Jihad islamique palestinien dans les territoires palestiniens, ou des groupes rejectionistes en Irak. Le meurtre des innocents de Beslan fait partie de la même idéologie qui prend des vies innocentes en Libye, en Arabie saoudite ou au Yemen. Et quand l’Iran apporte son soutien à ce terrorisme, il entre dans la même bataille avec la même idéologie comme pierre angulaire. » (« A battle for global values », par Tony Blair, Foregn Affairs, volume 86, Janvier-Février 2007). Le Premier ministre britannique plaidait bien sûr ainsi sa cause et appelait implicitement les Espagnols ou les Russes à soutenir l’action de son pays et de son allié états-unien en Irak ou à une grande mobilisation en faveur d’Israël qui venait de connaître une défaite cuisante au Liban.

 

Pourtant, il suffit de lire la moindre déclaration d’Hassan Nasrallah, le dirigeant politique du Hezbollah, sur Al Qaïda pour noter les divergences drastiques entre ces deux organisations et le mépris que le mouvement libanais a pour la figure d’Oussama Ben Laden («  Hassan Nasrallah, le Hezbollah et Al-Qaida », par Alain Gresh, Le Blog du Monde diplomatique, 5 juin 2007). Khaleed Meshal le leader du Hamas a, lui aussi, souvent marqué la différence entre son mouvement et celui de Ben Laden, utilisant ce dernier comme un épouvantail (« Des Français aideraient un réseau d'al-Qaida à Gaza », par George Malbrunnot, Le Figaro, 16 juillet 2008).

 

L’analyse associant les différentes organisations musulmanes armées dans un même bloc fut, malgré tout, très fréquente, notamment dans les discours de responsables états-uniens. Ainsi, dans son discours sur l’état de l’Union du 28 janvier 2008 dans lequel il assurait promouvoir la démocratie tout en luttant contre le terrorisme, George W. Bush déclara : « les terroristes luttent afin de priver [du choix de déterminer librement leur destin] les habitants du Liban, de l’Irak, de l’Afghanistan, du Pakistan et des territoires palestiniens. ». Ainsi, combattre le Hezbollah et le Hamas, qui, quoi qu’on pense par ailleurs de ces mouvements, ont reçu une part importante des suffrages dans leurs pays respectifs, entre dans la lutte contre le terrorisme global et participe d’une démocratisation du monde.

 

L’ancien conseiller de Donald Rumsfeld au Pentagone, Richard Perle, utilisa fréquemment cette lecture unificatrice du terrorisme pour valider son analyse du moment. En décembre 2001, alors que les néo-conservateurs préparaient l’opinion états-unienne et mondiale à une attaque de l’Irak il assurait dans le New York Times : « Nous savons que [Saddam Hussein] a produit des quantités d’anthrax suffisantes pour tuer des millions de personnes, ainsi que d’autres agents biologiques. Distribué à des martyrs potentiels d’Al Qaïda, du Hezbollah, du Hamas, du Jihad islamique et d’autres groupes terroristes, l’arsenal biologique de Saddam Hussein pourrait tuer un très grand nombre d’Américains » (« The U.S. Must Strike at Saddam Hussein », par Richard Perle, New York Times, 28 décembre 2001). Ainsi, Saddam Hussein, ennemi du moment, était-il désigné, par un responsable officiel du gouvernement états-unien de surcroît, comme le chef d’une vaste conspiration à même de tuer des millions de personnes et le point nodal de l’alliance secrète entre des mouvements épars. Quelques années plus tard, le même Richard Perle, revenu à la vie civile après avoir dû démissionner de ses responsabilités au Pentagone en raison de forts soupçons de conflits d’intérêt, dénonça avec vigueur la position française au Proche-Orient, jugée trop molle et trop complaisante vis-à-vis de mouvements tel le Hezbollah ou le Hamas. Il assurait alors : « Les kamikazes du Hezbollah, du Hamas et d’al-Qaida (…) sont des fanatiques galvanisés par la conviction que Dieu les a chargés de faire la guerre sainte à l’Occident, à ses institutions, à ses croyances et à ses valeurs. Ils manipulent de jeunes musulmans découragés qui ont été recrutés pour le djihad par des mollahs fanatiques et financés, via l’Arabie saoudite et d’autres pays du Golfe, par un flot de pétrodollars. » (« Le jour où les Européens nous ont lâchés » par Richard Perle, Le Figaro, 12 septembre 2006) ; vouloir négocier avec le Hezbollah ou le Hamas, c’était donc également faire le jeu d’Al Qaïda.

 

Cet amalgame entre des mouvements épars n’a pas disparu avec l’arrivée des Démocrates à la Maison-Blanche. Ainsi, la secrétaire d’État, Hillary Clinton, lors d’une visite à Bombay en 2009, enjoignait le Pakistan à sévir contre les groupes terroristes accusés de se réfugier sur son territoire en ces termes : « Il est impératif que le Pakistan poursuive tous les groupes terroristes (…) parce qu’ils sont en réalité une menace pour le Pakistan. Même s’ils sont, à un moment, concentrés sur un autre endroit, à présent ils sont tous membres d’un syndicat terroriste criminel. Ils se renforcent les uns les autres, ils complotent ensemble, ils se protègent mutuellement. » (« Interview With Arnab Goswami of Frankly Speaking on Times Now », par Hillary Clinton, site du département d’État états-unien, 18 juillet 2009).

 

Loin d’être l’apanage des alliés états-uno-britanniques, cette confusion entre des mouvements divers, et parfois ouvertement ennemis, a été bien intégrée par les élites françaises. A titre d’exemple, durant la campagne électorale française de 2007, les deux principaux candidats adoptèrent ce point de vue dans leurs discours sur la politique étrangère. Dans son discours sur la défense nationale, Ségolène Royal voyait une force unique terroriste derrière les crises en Irak, les difficiles négociations avec l’Iran sur le dossier nucléaire, la situation au Liban et en Palestine : « le terrorisme fanatique a trouvé de nouveaux renforts, la guerre civile fait rage, l’unité de l’Irak compromise menace toute la région, le leadership iranien pose de nouvelles questions, au Liban comme en Palestine. » (Discours de Ségolène Royal sur la défense, 3 mars 2007). Nicolas Sarkozy, en visite aux États-Unis quelques mois plus tôt avait été encore plus loin dans sa vision globalisante « du » terrorisme : « Ministre de l’Intérieur depuis plusieurs années, je ne suis cependant que trop conscient des nouvelles menaces auxquelles nos démocraties font face. Lorsque les terroristes attaquent New York, Londres, Amman, Madrid, Alger, Tel Aviv, Le Caire, Nairobi, Jakarta et d'autres capitales encore, je sais que demain, Paris pourrait être à nouveau victime de cette nouvelle forme de barbarie. » (Discours de Nicolas Sarkozy, le 12 septembre 2006 devant l’association des Daughters of the American Revolution). C’est au nom de ces supposées « menaces communes » et « unifiées » que Nicolas Sarkozy justifia également, une fois président, le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN (discours de Nicolas Sarkozy le 11 mars 2009 lors de la clôture du colloque « La France, la défense européenne et l'Otan au XXIe siècle ») : le fantasme servait de justification à un acte de politique étrangère de première importance.

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Rassembler tous ces mouvements musulmans sous une même bannière, dont ils ne se réclament pas, permet également de construire un adversaire global particulièrement redoutable et de valider le postulat préféré des élites politiques états-uniennes et de leurs alliés : le terrorisme est la plus grave menace pour le « monde libre » ; une menace qui justifie des lois d’exception permettant un meilleur contrôle des citoyens, une explosion des budgets militaires, des aventures coloniales de par le monde et crée un climat anxiogène favorisant électoralement les mouvements conservateurs.

Bien sûr, il ne suffisait pas de jouer de l’effet de masse que représente l’addition des différents mouvements musulmans considérés comme des ennemis par Washington, il fallait que cette menace soit « nouvelle », plus importante que le terrorisme ne l’a jamais été dans l’histoire. La dramatisation, l’unification et la massification du phénomène terroriste dans le discours de la guerre au terrorisme se sont donc accompagnés d’une argumentation faisant du terrorisme du XXIème siècle un phénomène nouveau, plus dangereux que « le » terrorisme ancien.

 

(Voir la cinquième et dernière partie)

Par CPPN
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